Lorsqu'elle voit Noen chez les frères qui tiennent asile pour les fous traumatisés de guerre, le regard de Julienne s'éclaire : c'est lui. C'est son mari, Amand, porté disparu depuis 1918. Il réintègre le foyer. Il ne se souvient de rien, Julienne est sa seule mémoire.
Avec ce point de départ, Anjet Daanje construit un chef-d'oeuvre. Une immersion dans l'âme humaine à travers les sensations et gestes du quotidien, une sociologie de l'époque (1920 à Courtrai), une philosophie de la mémoire, du traumatisme, du couple. Une écriture hypnotique, une intelligence de la chose humaine hors du commun, mais aussi un répertoire des blessures qu'inflige aux pays la guerre.
Un très grand livre.
Natacha

