Librairie Papyrus

"A travers les feuilles d'un bon livre, on pourra entendre un écho qui ressemble au bruit des forêts." Henry David Thoreau

   

Pourquoi j'ai créé une école où les enfants font ce qu'ils veulent, Ramïn Farhangi, Actes Sud

Pourquoi j'ai créé une école où les enfants font ce qu'ils veulent, Ramïn FarhangiRamïn Farhangi, après un début de carrière comme consultant dans un univers professionnel obnubilé par la croissance et la rentabilité, a changé complètement de direction et s'est mis en recherche de modèles d'instruction en phase avec sa vision du monde.

Quelques années plus tard, en 2015, il fait partie des fondateurs de l'École dynamique à Paris, qui prend pour modèle celle de Sudbury Valley aux États-Unis. Entre les deux, il a rencontré des dizaines de personnes engagées dans des écoles alternatives ou dans des mouvements qui tentent de réinventer l'école dans différents pays. Fort de ces échanges, il choisit un modèle d'école où le désir de jeu, de découvertes et d'apprentissages est au coeur et au départ de toutes les démarches, et où les enfants choisissent librement le programme de leur journée.

C'est ce qu'il nous raconte dans ce livre et c'est passionnant.

On peut certes s'interroger, au sens premier du terme c'est-à-dire sans scepticisme mais avec l'envie de comprendre, de questionner, de débattre, de chercher...s'interroger donc, sur le caractère radical des choix posés par les fondateurs de l'École dynamique comme de celle de Sudbury Valley, son modèle : une école où les enfants font ce qu'ils veulent, n'est-ce pas très libéral, n'est-on pas en mesure de se demander si les inégalités sociales déjà renforcées par l'école en Belgique comme en France, ne le sont pas encore plus dans un système de valeurs basé exclusivement sur les libres choix individuels, en toute liberté, de chaque élève ?

Néanmoins, pour tout qui veut questionner l'école et les relations éducatives en général, ce livre est un trésor et mérite d'être lu.

Tout d'abord, pour la qualité et la clarté de la synthèse faite en début de livre par Ramïn Farhangi de ce que l'on peut reprocher, non pas aux enseignants, mais à certains ingrédients majeurs encore en vigueur dans la très large majorité des écoles françaises et belges : évaluation chiffrée ou lettrée, déclencheurs de démotivation ou de dévalorisation en tous genres, travail obligatoire, transmission "verticale" des contenus, isolement de l'environnement extérieur, etc. De quoi se remettre les idées en place sans se casser la tête.

Ensuite, pour l'enthousiasme et la sincérité qui se dégagent de ces pages. Ramïn Farhangi pense à 300 à l'heure et doit écrire presque aussi vite, porté par une vision et une soif de projets qui donne envie de le suivre ou, à tout le moins, de le comprendre ! Faisant état de son parcours, il nous raconte aussi les changements de direction, les tâtonnements.

Enfin, pour l'invitation à réfléchir que suscite le caractère radical de sa position en faveur d'une liberté complète des élèves. Quand une personne défend un point de vue si opposé aux croyances les plus répandues, c'est comme un vent d'air frais dans le cerveau qui pousse à se questionner, et à regarder les choses sous un autre angle, sans perdre son esprit critique.

Septembre 2018

Natacha

 

Le Lambeau, Philippe Lançon, Gallimard

lelambeau philippelanon avril2018Le récit, magnifique, que nous livre Philippe Lançon est d'une beauté à couper le souffle. A ceux qui y chercheraient du sensationnel, passez votre chemin. Ce texte, qui raconte la reconstruction d'un homme "mort" dans les attentats de Charlie Hebdo (janvier 2015), ne tombe jamais dans le pathos, ni dans la haine de l'autre, ni dans le narcissisme. Par contre, on y croise des femmes et des hommes exceptionnels, on y côtoie Proust, Kafka, Velasquez, Bach et les autres. Philippe Lançon nous offre une leçon d'humanité et un chef d'oeuvre de douceur, de solitude et d'(im)pudeur. 

Catherine D.

Paru en avril 2018. Existe aussi au format numérique.

 

Sur la piste animale, Baptiste Morizot (Préface de Vinciane Despret), Actes Sud Nature

surlapisteanimale baptistemorizot actessud mondessauvagesBaptiste Morizot, philosophe-pisteur, nous invite à sa suite sur la piste de grands prédateurs comme le loup, le grizzly ou encore la panthère des neiges. Et ce faisant, en "s'enforestant" (autrement dit, "en portant son attention sur le vivant simultanément autour de nous et en nous, et apprendre à cohabiter avec lui"), nous sommes conviés à repenser notre rapport au vivant, à nous replacer dans les écosystèmes, alors que nous avons habituellement tendance à nous placer à la pointe de la pyramide du vivant... A l'ère du véganisme et de l'anti-spécisme, cette lecture est fascinante et très enrichissante sur notre rapport au monde !

Catherine D.

Paru en avril 2018, collection Mondes Sauvages chez Actes Sud Nature. Existe au format numérique.

 

L'été où tout arriva, Bill Bryson, Payot

altBill Bryson revient avec un livre entièrement dédié aux événements qui se produisirent au cours de l'année 1927 aux États-Unis, et aux conséquences que ce fameux été eut sur le monde. L'historique première traversée transatlantique en avion de Charles Lindbergh, les home-runs incroyable de Babe Ruth, les bizarreries présidentielles de Calvin Coolidge, les idées de génie et la personnalité sinistre de Henry Ford et bien d'autres faits divers allant du troublant à l'absurde sont consignées dans ce livre, le tout sous la plume érudite et joyeuse de Bill Bryson. On rit et on s'étonne tout au long de cette folle histoire et, malgré quelques longueurs, c'est un régal et un admirable travail de documentation.

Hélène

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Hélène Hinfray, existe aussi en version numérique.

 

Le chapeau de Vermeer, le XVIIe siècle à l'aube de la mondialisation, Timothy Brook, Payot

lechapeaudevermeer pocheUn ouvrage passionnant à lire pour les vacances, pour les altermondialistes férus d’histoire… mais pas seulement. Timothy Brook nous brosse un aperçu du monde au XVIIe siècle et nous révèle l’importance des échanges culturels et commerciaux entre l’Est et l’Ouest qui sont à l’origine de notre mondialisation. Et cela à partir de six tableaux du peintre Johannes Vermeer. D’où vient le feutre du chapeau que l’on retrouve dans l’Officier et la jeune fille riant ? Et la jatte de fruits dans La liseuse à la fenêtre ? Voilà des questions qui vont nous faire voyager et réfléchir sans jamais nous ennuyer !

Grégory

 
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