Librairie Papyrus

"A travers les feuilles d'un bon livre, on pourra entendre un écho qui ressemble au bruit des forêts." Henry David Thoreau

   

Alexandria, Quentin Jardon, Gallimard

alexandriaAvec ce premier roman, Quentin Jardon nous emmène dans un univers opaque, méconnu du grand public, et qui pourtant s'immisce dans nos vies chaque jour davantage : le web. Qui a créé ce grand réseau mondial qui nous relie ? Comment se sont construits les premières connexions Internet ? Les premiers sites web ? A qui servent-ils et pourquoi ? Qui a financé les recherches qui ont permis à la toile de se déployer ? Quel rôle a joué la communauté scientifique ? Les états ? L'Europe ? Les USA ? Quel était le projet initial des premiers développeurs ?

Pour nous raconter cette histoire, l'auteur nous prend pas la main et nous entraîne dans son enquête avec une plume extrêmement agréable. Le fil conducteur de son récit est le personnage énigmatique du Belge Robert Cailliau, un scientifique retranché dans les montagnes du Jura, qui n'accorde aucune interview, et qui serait pourtant un des co-fondateurs du fameux World Wide Web avec l'Anglais Tim Berners-Lee. Les deux hommes se sont rencontrés à Genève, au CERN, un centre de recherche axé sur la recherche en physique. Ils rêvent de construire une sorte de réseau qui permettrait aux chercheurs de communiquer entre eux en toute liberté. Jardon nous raconte les prémices, la rencontre de ces deux hommes, il leur attribue des traits de caractère, imagine leurs relations et les interactions qu'ils tissent avec des informaticiens qui petit à petit prennent connaissance de leur projet et rejoignent une sorte de communauté virtuelle oeuvrant à l'édification du web. Il enquête aussi sur la suite des évènements, ce qui va se passer aux USA et qui sera déterminant dans le développement du web, l'apparition des URL, du langage html, etc., etc. Toutes des choses dont nous entendons parfois vaguement parler aujourd'hui, que nous utilisons au quotidien mais dont nous ne connaissons pas nécessairement l'origine. 

On avait déjà découvert Quentin Jardon dans les articles de Wilfried et de 24h01, on se régalait déjà de ses enquêtes et de son style qui trouve un bel équilibre entre journalisme et littérature, quel plaisir ici de le lire dans un roman tout entier et de s'immerger avec lui dans une investigation minutieuse et acharnée. Le tout nous offre aussi une belle réflexion sur cet outil qui façonne notre monde. Les pionniers rêvaient d'un outil libre, partagé à travers le monde... Qu'est-il advenu de cette utopie aujourd'hui ?

Catherine M

Paru en mai 2019. Existe aussi en format numérique.

 

 

Lèvres de pierre, Nancy Huston, Actes Sud

levresdepierreBrillant !

Intelligent !

Voilà les premiers mots qui me viennent pour évoquer ce dernier livre de l'auteure franco-canadienne Nancy Huston.

Pas tout à fait un roman, ni tout à fait un essai ni un récit, ce livre nous entraîne dans l'enfance de Pol Pot, le dirigeant des Khmers rouges au Cambodge. On découvre l'histoire de cet homme au sourire impénétrable qui a débuté sa vie dans la campagne cambodgienne, au sein d'une famille nombreuse. Il a fréquenté plusieurs écoles et pensionnats avant de se retrouver à Paris de 1949 à 1953 pour terminer sa formation en ingénierie. A cette époque, il fréquentera les cercles du parti communiste français. Parallèlement à cette histoire, Nancy Huston nous parle aussi d'elle-même, de son enfance, de son arrivée à Paris, de ses rencontres avec les milieux politiques parisiens. Et à travers ces récits, elle démêle les nœuds de l'histoire pour tenter de comprendre comment se construisent des idées politiques et des projets de vie.

Un excellent livre où l'on retrouve l'écriture sensible et envoûtante de Nancy Huston.

Catherine M

Paru en août 2018. Existe aussi en format numérique.

La librairie reçoit l'auteure le mardi 4 juin à 19h30 à l'Espace culturel d'Harscamp.

 

L'Etoile du Nord, D.B. John, Equinox (Les Arènes)

letoile du nordD.B. John nous embarque en Corée du Nord, au coeur de ce régime dont il y a encore beaucoup à découvrir et à s'étonner, à tel point que l'auteur a jugé utile d'insérer en fin de livre une note permettant aux lecteurs qui le désirent de départager les éléments tirés de faits réels et ceux tirés de faits imaginés.

Suite à la disparation de sa sœur sur une petite île très proche de la Corée du Nord, Jenna n'a pas d'autre choix que de se faire engager par la CIA pour la récupérer;

Le colonel Cho fait une brillante carrière au sein de l'élite à Pyongyang, carrière que des secrets de famille pourraient dangereusement compromettre;

Dans une province dépourvue de presque tout, Mme Moon tente tant bien que mal de survivre, jusqu'à ce qu'un colis de contrebande lui parvienne miraculeusement, ce qui pourrait changer sa vie.

Ces trois vies si différentes vont s'entrecroiser et aucune ne sera à l'abri de l'arbitraire le plus total ... et de la mort. Bien ficelé et bien documenté, un thriller d'espionnage captivant - et dont James Bond n'aurait pas renié le final (on aime ou on n'aime pas)

Gregory

Publié en janvier 2019, traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Antoine Chainas. Existe aussi au format numérique

 

Tous, sauf moi, Francesca Melandri, Gallimard

toussaufmoi francescamelandriLe roman commence par l'histoire d'Ilaria, la quarantaine, à Rome, en 2010, qui, en rentrant d'une journée de travail, trouve sur son palier, un jeune Africain, Shimeta Ietmgeta, qui prétend être le petit-fils du père d'Ilaria, soit son neveu. A partir de cette rencontre, Ilaria va fouiller dans le passé de son père, Attilio Profeti, à ce jour, 93 ans. "Tous sauf moi" a clamé ce dernier tout au long de sa vie, fils chéri de sa mère, beau comme un dieu, Attilio a mené sa vie d'un pied léger, enfouissant le plus souvent sa conscience sous une bonne dose d'opportunisme. Dans son envie de comprendre, Ilaria se met à étudier l'histoire coloniale de l'Italie, les envies de conquête de Mussolini, son projet de colonisation de l'Ethiopie, pour profiter, notamment, de la richesse du sol du pays. Et nous, lecteurs, de suivre, en alternance, les années de jeunesse d'Attilio, l'enfer que vivent les Ethiopiens dans leur parcours migratoire, et l'Italie des années de Berlusconi. Attilio, dans les années 30, épouse les théories fascistes, s'engage dans "les chemises noires", part en Ethiopie, y tombe amoureux, union ignorée de sa famille italienne. Shimeta raconte son parcours, son passage cauchemardesque par la Libye. A travers les découvertes d'Ilaria, c'est toute l'histoire contemporaine de l'Ethiopie qui nous est dévoilée. Francesca Melandri montre comment le passé et le présent se rejoignent. Un demi-millénaire d'histoire coloniale et le présent des grandes migrations ne sont pas deux histoires différentes, mais seulement deux chapitres de la même histoire, de la même longue époque...

Roman foisonnant, bien documenté, passionnant, Francesca Melandri, auteure déjà remarquée des livres Eva dort et Plus haut que la mer, est ici au sommet de son talent.

Véronique

Publié en mars 2019, traduit de l'italien par Daniele Valin. Existe aussi en numérique.

 

 

Les Compromis, Calligaro et Cardere, Rivages/Noir

les compromis bon

Polar politique enrobé d'une bonne dose d'humour et de dérision... Sandrine Berger, eurodéputé verte française est retrouvée morte dans le hall du Parlement alors qu'elle était sur le point de s'attaquer à une réforme de la réglementation en matière de moteurs diesels...

Au travers d'une problématique actuelle, le scandale des moteurs diesels truqués, voilà une façon originale de se plonger dans l'univers plutôt - et paradoxalement- fermé de l'un des 3 piliers de l'Union européenne, le Parlement, et plus simplement de partager la vie des parlementaires et de leurs assistants. Les deux auteurs ont travaillé pendant plusieurs années dans ces institutions et, même si nous nageons en pleine fiction, certains lecteurs avertis pourraient être tentés de prêter un nom de la scène européenne à certains protagonistes.

Un challenge pas évident mais réussi!

Gregory

Publie en mars 2019

 

L'École des soignantes, Martin Winckler, P.O.L.

ecole-des-soignantes wincklerMartin Winckler est de retour avec une fascinante Utopie.

Lecteur avide de tous les genres littéraires, notamment de science-fiction et de suspense, il nous a offert plusieurs romans plutôt réalistes, militants, usant avec brio de tous les ressorts romanesques de ces genres qu'il affectionne pour nous emmener dans des histoires, des vraies histoires avec une chute qu'on attend avidement et des personnages attachants au possible, procurant à la lecture un plaisir sans doute proche de celui qu'éprouve Abraham, un de ses personnages, en lisant les Bob Morane.

Mais dans ses romans, Martin Winckler partage aussi de l'information et des idées. Médecin, il a des idées bien claires sur l'exercice du soin, et des connaissances encyclopédiques dans ce domaine.

Il abordait ainsi les débuts des avortements légaux dans La vacation, l'euthanasie et la fin de vie dans En souvenir d'André, la gynécologie et l'intersexuation (parmi bien d'autres choses) dans le génial Choeur des femmes.

Les deux derniers livres en date, Abraham et fils et Histoires de Franz, nous racontaient l'histoire politique et sociale des Français des années 60 et 70 à travers le regard candide d'un enfant, qui devient adolescent dans le second des deux livres. En toile de fond explicite, toujours, les idées de l'auteur sur la pratique de la médecine.

Et voici qu'avec L'École des soignantes, Martin Winckler nous offre une sorte de suite au Choeur des femmes, grand succès de librairie.

Nous sommes dans les années 2030 et nous retrouvons Jean "Djinn" Atwood, la jeune médecin en formation dans le Choeur des femmes, devenue une personne de référence au Chht!, alias le CHU de Tourmens.

Dans cette enclave où la formation des aides soignantes, des infirmières et des pratiquantes de la médecine a été entièrement réformée, de même que l'organisation des soins, plus rien ne ressemble à un Centre hospitalier des années 2010. Les soigné.e.s (qu’on n’appelle jamais les malades) interviennent dans la formation des soignant.e.s. Tout le monde commence son cursus en tant que soignante pro (anciennement aide soignant.e), puis panseuse (alias infirmier.ère) puis officiante (alias médecin). Etc, etc…

Bref, Martin Winckler nous offre un document qui, tout en restant romanesque, toujours, se pose en proposition de base pour une réforme des soins de santé. Tout simplement. Et à le lire en tant que patiente, on aimerait être soignée dans un tel cadre, respectueux des personnes, quel que soit le côté du soin où elles se trouvent.

Mais l’auteur va plus loin en rendant un sublime hommage aux femmes dans un livre profondément et subversivement non sexiste. On a beaucoup parlé d’écriture inclusive en 2018, avec ses adeptes et ceux qui la trouvaient inepte. Martin Winckler va encore plus loin, en rédigeant l’entièreté de son texte dans une grammaire nouvelle, dans laquelle le féminin l’emporte, nous montrant toute la portée de la grammaire en termes de représentations ! Car à le lire, on a soudain l’impression de vivre dans un monde peuplé de femmes.

L’auteur, convaincu de la légitimité des luttes contre le sexisme et très informé des décodages féministes, a pris grand soin de donner la parole à un narrateur qui est lui-même un homme, afin de ne pas parler à la place d’une femme. Il écrit donc de là où il est : un homme conscient de l’existence d’une domination sociale des hommes sur les femmes, comme une personne non racisée peut être consciente de la domination sociale des non-racisés sur les racisés…dite « des Blancs sur les Noirs ». Mais sans parler à leur place...

La chute rocambolesque de ce roman, que je ne peux révéler, est un autre bouleversant message d’humilité de la part de l’auteur. Plaisir, émotion, enthousiasme, subversion… Bien joué, Martin Winckler. Merveilleux.

Natacha

 

L'anniversaire, Imma Monsó, Jacqueline Chambon

lanniversaire immamonsoL'anniversaire est un excellent roman qui mêle suspense et délitement du couple, névroses et jeux d'enfants, le tout au milieu des bois catalans. Un mari et sa femme enfermés dans une voiture pour fêter un anniversaire (mais lequel?) avec un cadeau plutôt surprenant pour leur tenir compagnie et, en parallèle, un duo de gamins d'une douzaine d'années qui revit grandeur nature les formidables aventures de Moby Dick. Mariés depuis plus de 25 ans, parents de jumeaux qui font leur vie de leur côté, elle et lui ne se parlent plus depuis trois semaines, dans une vaine tentative de sauver leur couple de la monotonie, du ronron quotidien, et d'éviter la rupture définitive. Il lui a préparé une surprise, il l'emmène en voiture et lui offre son cadeau; c'est réussi, elle est surprise, mais énervée à la fois, elle ne parvient pas à cacher son anxiété et se récite des vers traduits dans plusieurs langues dans sa tête pour y faire face... Guillem et Mateu quant à eux se retrouvent durant les vacances et, à l'initiative de Guillem, rejouent, revivent, "vivent" concrètement les aventures qu'ils apprennent par coeur dans les livres, jusqu'à ce que...
Habilement construit, ce roman noir d'Imma Monsó nous emporte dans un huis clos redoutable, digne d'un Hitchcock!

Catherine D.

Paru en mars 2019, traduit du catalan par Marie Vila Casas. Existe aussi en numérique.

 

De fringues, de musique et de mecs, Viv Albertine, 10/18

vivalbertine defringuesdemusiqueetdemecsViv Albertine fut la guitariste des Slits, l'un des premiers groupes entièrement féminins de la vague punk à la fin des années 1970. Dans ces mémoires, elle décrit son enfance dans le Londres des années 60, son adolescence rebelle et immergée entièrement dans la musique, et surtout son intégration au sein des Slits, un des groupes les plus révolutionnaires de son temps. Au fil des pages, Albertine conte avec une abrupte sincérité ce qu'était la scène punk londonienne à cette époque, son amitié avec certaines de ses figures de proue désormais légendaires (Mick Jones des Clash et Sid Vicious des Sex Pistols, entre autres), et offre surtout un regard débarrassé de tout romantisme a posteriori sur le mouvement.

Toutefois, l'auteure ne s'en tient pas uniquement à cette époque rock'n'roll. Elle raconte aussi l'après: la trentaine désœuvrée après la rupture du groupe et la mort prématurée de plusieurs de ses amis, le mariage, la FIV et la vie rangée qui s'en sont suivis puis, enfin, le retour de la création et de la musique dans sa vie, à l'âge de cinquante ans. C'est là ce qui fait la force de ce témoignage et qui le différencie des autres "comptes-rendus de la décennie punk": il nous montre que la vie continue après le tourbillon et que l'on peut rester artiste sans la brûler par les deux bouts.

Un beau témoignage, honnête et résolument féministe!

Hélène

Paru en juin 2017 chez Buchet Chastel, en poche en mars 2018. Traduit par Anatole Muchnik. Aussi disponible en version numérique.

 

Une Éducation, Tara Westover, JC Lattès

uneeducation tarawestoverCe récit autobiographique revient sur l’enfance et l’adolescence de l’auteure dans une petite ville de l’Idaho, aux États-Unis. Tara Westover est la cadette d’une fratrie élevée au sein d’une communauté de mormons fondamentalistes. Ses parents, une herboriste sage-femme et un ferrailleur, se préparent au Jugement Dernier en enterrant de l’or, de l’essence et des armes dans leur jardin. Leurs enfants ne sont pas inscrits à l’école, n’ont jamais vu un médecin ou mis le pied dans un hôpital, n’ont même pas d’acte de naissance, pour les deux derniers.

Vers l’âge de quinze ans, l’auteure exerce des petits boulots depuis quelques années pour mettre de l’argent de côté, poussée par un instinct d’indépendance. Elle commence également à lire de vieux manuels scolaires trouvés dans la cave de sa maison. Elle qui a appris à lire avec son grand frère, qui ne s’est jamais assise dans une salle de classe, dont le monde s’arrête presque aux frontières de sa ville et aux écrits religieux, sent alors grandir en elle une inextinguible soif d’apprendre. Pour s’éloigner d’un frère devenu extrêmement violent et d’un père en proie à des crises de paranoïa, pour se mettre en sécurité, Tara Westover passe et réussit les tests d’admission à l’Université et part étudier en Utah. De là, sa curiosité et son intelligence la mèneront à Oxford, puis à Harvard pour un doctorat en Histoire.

C’est un récit qui se lit comme un roman, qu’on prendrait presque pour de la fiction tellement la réalité des Westover est éloignée de la nôtre. L’auteure décrit des passages particulièrement poignants sans pour autant s’apitoyer sur ce qu’elle a enduré, et elle nous fait sentir la loyauté et l’amour qui la lient, malgré tout, à sa famille. Une lecture marquante, assurément.

Hélène

Paru en janvier 2019. Traduit par Johan Frédérik Hel Guedj. Disponible également en version numérique.

 

I am, I am, I am, Maggie O'Farrell, Belfond

i am maggie o farrellMaggie O’Farrell se livre dans un récit autobiographique, découpé en dix-sept chapitres, chacun nommé d’après une partie du corps : le cou, le système sanguin, le ventre, le cervelet, les poumons… L’auteure irlandaise raconte dix-sept rencontres manquées avec la mort (brushes with death, en version originale). Il y a cette fois où son chemin a croisé celui d’un homme qui allait assassiner une jeune femme, au même endroit, deux semaines plus tard. Celle où ses poumons ont cessé de fonctionner, brièvement, après un saut dans l’eau sombre. Celle où elle a failli se vider de son sang, lors de son premier accouchement.

Le récit est percutant, haletant. Bien que la mort guette à chaque page, il est lumineux, plein d’espoir, farouchement du côté de la vie. Maggie O’Farrell passe de son adolescence à son enfance, revient à son expérience de mère, sans que ce « non-respect » de la chronologie ne soit dérangeant puisqu’à chaque chapitre elle nous livre un petit bout de son histoire qui vient éclairer le reste.

Une belle réussite.

Hélène

Publié en mars 2019, traduit de l’anglais par Sarah Tardy. Disponible aussi en version numérique.

 

Cyberminimalisme, Karine Mauvilly, Seuil

cyberminimalismeL’auteure du Désastre de l’école numérique témoigne de son expérience de deux ans sans téléphone portable et nous invite à reconsidérer notre « équipement technologique ». En quelques chapitres, Karine Mauvilly aborde la question de l’impact environnemental de notre société numérisée, celle de la protection des données et de la vie privée, et propose de reprendre la main sur notre temps libre et notre pouvoir de décision. Ses conseils s’adressent à tout utilisateur de smartphone et d’Internet ainsi qu’aux parents qui souhaiteraient modérer l’usage des technologies à la maison et aux enseignants qui veulent en faire de même à l’école.

Une lecture rapide qui nous mène à réfléchir sans jugement à nos pratiques quotidiennes.

Hélène

Paru en janvier 2019.

 

Nancy Mitford, la dame de la rue Monsieur, Jean-Noël Liaut, Allary

altCélèbre pour ses personnages excentriques et son humour pince-sans-rire, Nancy Mitford fut également une biographe rigoureuse (Le Roi Soleil, Madame de Pompadour), une chroniqueuse de son époque et une épistolière prolifique. Née dans une famille d'aristocrates, elle côtoya toute sa vie des artistes, écrivains, hommes politiques et figures mondaines hauts en couleurs. Ses sœurs et elle-même firent régulièrement la Une des journaux londoniens (Unity, comme supportrice de Hitler, Diana comme militante fasciste en Angleterre, Jessica comme militante communiste partie combattre les troupes de Franco) et il n'est pas exagéré de dire que la fratrie Mitford marqua incontestablement le XXème siècle anglais. Francophile et parfaite bilingue, Nancy déménage à Paris après la seconde guerre mondiale pour se rapprocher de Gaston Palewski, proche collaborateur du Général de Gaulle, qui fut son amant pendant de longues années mais qui refusa toujours de l'épouser...

Jean-Noël Liaut signe ici une biographie très intéressante et agréable à lire, qui vous donnera sans doute envie de (re)découvrir l’œuvre de cette femme de lettres à la vie si rocambolesque!

Hélène

Paru en février 2019. Disponible au format numérique.

Les romans de Nancy Mitford sont disponibles en poche chez 10/18.

 

Les défenses, Gabi Martinez, Christian Bourgois

les-defensesUn pavé de 656 pages, un très bon roman d'investigation.

Qu'est-il arrivé, au début des années 2000, à Camilo Escobedo, neurologue barcelonais ?

Ce dernier fut, un moment, interné, dans un hôpital psychiatrique, avec un bilan neurologique, pour le moins incertain. Le lecteur navigue entre l'avant, le pendant, et l'après de la maladie.

Escobedo est un chercheur passionné par l'univers du cerveau. "Je pourrais vivre beaucoup d'autres vies à venir afin de poursuivre l'exploration infinie qui donne son sens à mon existence".

Son énergie et sa patience seront mises à rude épreuve dans l'hôpital où il exerce, problèmes d'ego, courses aux postes à hautes responsabilités...Martinez égratigne, au passage, l'industrie pharmaceutique et le milieu hospitalier, bien que le roman rende hommage à la recherche et à ses acteurs enthousiastes.

Escobedo est marié, père de trois filles. Sa vie professionnelle laisse peu de place à sa vie privée. Cette dernière, bousculée par la maladie, et ses engagements à l'hôpital, sera mouvementée. Mais il pourra toujours compter sur les femmes qui l'ont entouré, Sol, sa première femme, la mère de ses trois filles, Carmen, sa soeur et Diana, sa fidèle collègue, pour ne citer qu'elles.

Initié par Diana, qui affirme : "la littérature m'a aidée à éclaircir des choses. Dont l'union entre la raison et l'émotion. Je suppose que les écrivains ont travaillé la tête bien avant les neurologues, raison pour laquelle on trouve parfois des pistes dans leurs histoires.", Escobedo est devenu un inconditionnel des romans de Philip Roth, la littérature prendra de l'importance dans sa vie et l'aidera dans les moments les plus difficiles.

Ce roman repose sur des faits réels, avec en toile de fond le débat sur  l'autonomie de la Catalogne.

Véronique

Paru en mars 2019, traduit de l'espagnol par André Gabastou.

 

Honorer la fureur, Rodolphe Barry, Finitude éditions

honorer-la-fureurVoici une plongée incroyable dans les USA des années 1920-30 et suivantes. L'auteur revisite la vie de l'écrivain et journaliste James Agee et c'est passionnant. James Agee est un homme brillant mais relativement incompris et dont les propos sont mal acceptés par la 'bonne société' américaine de l'époque. En effet, il raconte ce qu'on préfère ne pas voir, il parle de la misère qui est le quotidien de nombreuses familles, il dénonce les injustices. Un de ses grands livres sera le livre réalisé avec son ami, le photographe Walker Evans, Louons maintenant les grands hommes. Ce livre toujours disponible aujourd'hui dans la collection Terre humaine raconte le quotidien des famille de métayers, des hommes exploités pendant la grande dépression aux USA.

James Agee voyagera beaucoup entre New-York et Los Angeles, il sera l'ami de Charlie Chaplin, et travaillera sur plusieurs scénarios pour Chaplin ou pour d'autres cinéastes. Il sera aussi un grand critique. A ce titre, il passe pas mal de temps sur la côté ouest et le roman est une description intéressante d'Hollywood et de ses dérives. A côté de ses écrits, Agee a une vie sentimentale bien remplie (trois mariages), il tombe amoureux fou régulièrement. L'alcool fort présent dans son quotidien lui pose parfois quelques problèmes et donne lieu a des scènes cocasses.

Ce roman se dévore parce qu'il nous raconte la vie passionnante d'un homme en colère, d'un homme amoureux, d'un homme engagé et complet mais aussi parce que cela nous offre une très belle fenêtre sur la vie en Amérique au 20ème siècle. Merci aux éditions Finitude d'avoir publié ce roman génial.

Catherine M

Paru en mars 2019.

 

La bouche pleine de terre, suivi de La Mort de M. Golouja, Branimir Šćepanović, Tusitala

la-bouche-pleine-de-terre-suivi-de-la-mort-de-monsieur-goluzaOn remercie les éditions Tusitala pour la réédition de ces deux textes d'un auteur serbe encore méconnu chez nous, Branimir Šćepanović. Fables philosophiques où l'absurde côtoie la mort, où la haine déploie ses mécanismes, où la violence se fait poésie, ces deux nouvelles nous emportent dans une apparente légèreté et nous laissent pantois, une fois ce recueil refermé. Fort!

Catherine D.

Paru en janvier 2019, traduit du serbe par Jean Descat (traduction révisée).

 

Les femmes de Heart Spring Mountain, Robin MacArthur, Albin Michel

lesfemmesdeheartspringmoutain mcarthurEn 2011, l'ouragan Irene a laissé des traces de son passage dans le Vermont. Bonnie, la cinquantaine, a disparu ce jour-là, littéralement avalée par la tempête. Sa fille Vale, qui n'a plus vu sa mère depuis des années, revient au pays natal, dans la ferme intention de retrouver Bonnie. Ce sera l'occasion pour elle de renouer avec ses racines et sa famille, installée depuis des générations sur la Heart Spring Mountain, en pleine nature. Et d'essayer de comprendre l'histoire des femmes qui en ont fait partie, souvent marginales mais téméraires, fortes et fragiles à la fois. Des portraits très émouvants que nous découvrons au gré des découvertes de Vale, des secrets peu à peu révélés. 

Robin MacArthur nous prend par la main pour nous conter l'histoire de cette famille au coeur de l'Amérique du Nord, terre sauvage et ancestrale où les hommes vivent en symbiose avec la nature, où l'histoire des amérindiens se mêle à celle des colons. En un récit mosaïque, la jeune romancière nous promène d'une époque à l'autre sur une centaine d'années, d'un destin à l'autre, dans des chapitres courts sublimés par sa langue si envoûtante. Un roman à l'émotion palpable. Coup de coeur !

Delphine

Paru en janvier 2019. Existe aussi en version numérique.

 

4, Alexandre Laumonier, Zones sensibles

4 zones sensiblesLe monde tourne fou? Petit ouvrage absolument édifiant et passionnant! A ceux qui pensent que tout va dejà trop vite aujourd'hui, voici une petite histoire de la vitesse dans le monde de la finance... ou pourquoi une des plus importantes firmes de trading à haute fréquence au monde a racheté un vieux pylône de télécommunication de la Défense belge, proche de la mer du Nord, pour 5 millions d'euros. Mélange d'histoire, d'économie, de géographie, un brin de technique, cet essai se dévore...

Gregory R.

Paru en janvier 2019

 

 

Trouble, Jeroen Olyslaegers, Stock

trouble olyslaegersAnvers 1940, les Allemands prennent leurs quartiers dans la ville. Chacun continue pourtant à vivre… le jeune Wilfried Wils aussi. Tous les jours il arpente les rues d’Anvers pour y exercer son nouveau métier de policier et visite les cafés pour y nourrir son âme de poète. En ces temps troubles, survivre sera sa seule ligne de conduite, quitte à fréquenter des collaborateurs notoires.

Le roman est construit comme un récit que Wilfried Wils fait à son arrière-petit-fils, récit de ce qu’a été sa vie pendant la seconde guerre mondiale. Parce qu’il paie aujourd’hui le prix de ce qu’il a commis à cette époque, le narrateur entreprend de raconter à une autre génération la façon dont il a  traversé cette guerre. On y trouve un homme ambigu, qui laisse cette impression de n'avoir jamais pris en main sa vie, mais aussi un homme un peu perdu face à des actes qu'il ne semble jamais avoir endossés … « Mais ça tout le monde le fait tous les jours (…), tout le monde le fait, en général sans conséquences ». Pas pour lui cependant... ses actes auront des conséquences, sans lesquelles il n'aurait sans doute pas jugé bon de revisiter son passé. Toutefois, souligne t-il fermement -et inévitablement, auriez-vous fait mieux à ma place?

Avec une plume pleine de verve, lyrique et truculente à la fois, dans ce style typique du Nord du pays (qui nous plait beaucoup !), Jeroen Olyslaegers livre un roman très fort, qui tombe à propos en ces jours où nos sociétés sont à nouveau flattées par de dangereux extrémismes (et ne paraissent pas totalement affranchies de leur passé...  l'auteur ne se prive par ailleurs pas de relater le rôle peu reluisant de la ville d'Anvers, de son administration et de sa police ces années-là). 

Gregory R.

Paru en janvier 2019, traduit du néerlandais par Françoise Antoine.

Le texte sera lu en grande lecture à l'Intime festival le samedi 24 août 2019 à 12h45, par Johan Leysen. Lecture suivie d'un entretien avec l'auteur.

 

Olga, Bernard Schlink, Gallimard

g02199Olga naît à la fin du dix-neuvième siècle, dans une petite ville de l'Est de l'Empire allemand. Rapidement orpheline, elle est élevée par sa grand-mère qui semble ne pas trop l'aimer. Elle va donc devoir compter surtout sur elle-même pour avancer dans la vie, à une époque où la place des femmes est encore bien malmenée, surtout lorsqu'on doit trouver du travail et vivre seule.

Très jeune, elle se lie d'amitié avec Herbert. Lui vient d'une famille plutôt fortunée qui ne voit pas d'un bon oeil la relation d'Olga et Herbert, surtout lorsqu'en grandissant, ils deviennent amants.

Herbert, c'est un personnage haut en couleur, qui part d'abord dans les colonies allemandes en Afrique avant de se lancer ensuite dans des expéditions en Arctique. A travers l'histoire d'Olga et d'Herbert, c'est aussi l'histoire de l'Allemagne qui nous est racontée. L'auteur met en scène le rôle particulièrement écœurant que les Allemands ont joué en Afrique. Un élément qui a d'ailleurs contribué à la forte médiatisation que le livre a suscité lors de sa sortie en allemand.

Le personnage d'Olga est à la fois discret et incroyablement fort. C'est aussi le portrait d'une femme amoureuse, une femme qui a traversé l'histoire en rencontrant de nombreuses embûches et qui malgré tout ne s'est pas laissé abattre. Un très beau livre donc.

Catherine M

Paru en janvier 2019, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary. Existe aussi en format numérique

 

Ce qui nous revient, Corinne Royer, Actes Sud

cequinousrevientDans ce très beau roman de Corinne Royer, des histoires familiales s'entremêlent à l'histoire de la recherche scientifique, et plus particulièrement de la recherche en génétique. Louisa, jeune héroïne qu'on va découvrir autour de ses dix ans et qu'on va suivre pendant une quinzaine d'années, va nous emmener sur les traces de la généticienne Marthe Gautier, personnage non pas fictif mais bien réel, qui a œuvré pendant toute sa carrière dans le domaine de la recherche autour de la trisomie 21. 

Marthe Gautier a 93 ans aujourd'hui. Surnommée la découvreuse oubliée, elle est à l'origine des recherches et des analyses en laboratoire qui ont mis en évidence la présence d'un chromosome surnuméraire auprès des enfants atteints du syndrôme de Down. C'est ensuite en 1960 que la maladie prendra le nom de trisomie 21.  

Louisa Gorki, personnage de fiction, est abandonnée par sa mère vers l'âge de 10 ans. En effet, celle-ci est soprano et se déplace régulièrement quelques jours à l'occasion d'un concert. Mais un jour, elle ne revient pas d'un de ses voyages. Le père de Louisa détient probablement plus d'information qu'il ne le laisse entendre. Et Louisa devra grandir avec cette absence de mère sans autre explication. Lorsqu'elle se lance dans un doctorat en médecine, elle rencontre Marthe Gautier.

L'auteure mélange habillement fiction et réalité et nous livre un texte d'une grande beauté, plein de douceur, de finesse. On est à la fois embarqué dans une histoire familiale complexe et pleine de mystère et dans l'Histoire de la science. C'est passionnant.

Catherine M

Paru en janvier 2019. Existe aussi en format numérique

 

Visages de Scampia - Les justes de Gomorra, Davide Cerullo, Gallimard

visagesdescampia davidecerullo gallimardNé en 1974, Davide Cerrullo a grandi dans le quartier des "Vele" de Scampia, au nord de Naples. À treize ans, il tombe dans l’engrenage de la Camorra, la mafia napolitaine rendue tristement célèbre par Gomorra, le roman et la série télévisée de Roberto Saviano. En prison, il découvre l'histoire d'un autre David, et puis la poésie et Pier Paolo Pasolini. Dès ce moment, il n'aura de cesse de vouloir réparer sa vie, en tentant d'en sauver d'autres ou, du moins, à montrer qu'une autre voie est possible à tous ces jeunes que l'espoir a déserté.

Dans ce très bel ouvrage, il nous donne à voir ces enfants et l'environnement dans lequel ils évoluent : Dans ces photos, j'essaie aussi de "rêver" ces enfants et de les arracher à l'obscurité qui voudrait les aspirer. Parce que parfois, les mots manquent et qu'une image est plus porteuse de sens, parce que montrer ces photos, c'est aussi défendre son travail en rue, et pointer l'urgence de ne pas davantage cloisonner et enfermer ces jeunes dans un ghetto dont ils ne pourraient (devraient?) jamais sortir. On tourne les pages et on se prend ces regards en pleine figure, ces visages graves d'enfants qui ont déjà oublié qui ils sont, qui grandissent trop vite et qui, devenus adultes, sont restés coincés dans le jeu violent, hésitant entre les deux seuls rôles possibles qu'il a connus, à la fois la victime et le bourreau. La force de ces images, dure et douces à la fois, réside incontestablement dans la relation de confiance qui lie ces jeunes à Davide, la sincérité avec laquelle il capte ces jeux et ces postures plus tout-à-fait innocentes, la bonté de son geste photographique. L'émotion est au rendez-vous et on ne peut qu'espérer que d'autres adultes suivront le chemin proposé par Davide et accompagneront ces jeunes dans la construction d'une vie meilleure.

Catherine D.

Paru en mai 2018.

Ce livre, augmenté de textes d'Erri De Luca, de Christian Bobin et d'Ernest-Pignon Ernest, sera présenté lors de la rencontre avec Davide Cerullo le mercredi 20 février 2019.

 

Orange amère, Ann Patchett, Actes Sud

orangeamereCe roman se déguste comme un gin bien épicé.

L'histoire débute aux États-Unis, en Californie, dans une fête de baptême qui dégénère un rien... Et pendant une cinquantaine d'années nous allons suivre les péripéties de deux familles qui se recomposent. Entre chacun des 9 neufs chapitres, plusieurs années s'écoulent, ce qui nous permet de suivre la vie de plusieurs personnages depuis leur enfance jusqu'à leur vie adulte, voir leur fin de vie. Cela donne aussi beaucoup de rythme à ce roman.

Mensonges, séparations, culpabilité, retrouvailles, réconciliations, relation parents-enfants orageuses, relations fraternelles touchantes: le livre contient tous les éléments d'un bon cocktail de lecture. On passe un très bon moment.

Catherine M

Paru en janvier 2019. Existe aussi en format numérique.

 

Nino dans la nuit, Capucine & Simon Johannin, Allia

ninodanslanuit capucinesimonjohanninLe roman s'ouvre dans le bureau de recrutement de la légion étrangère où Nino se fait engager, avec d'autres jeunes venus des quatre coins du globe, pour servir la France, et surtout, gagner sa paie chaque mois. Nino s'adapte tant qu'il peut, se glisse dans la peau de ce qu'on attend de lui là-bas dans cette étrange armée. Il passe les tests physiques avec succès et baisse la tête quand on lui demande... Mais il n'avait pas pensé à tout et malheureusement (ou heureusement), il sera recalé après quelques jours, rattrapé par son passé.

Il enchaîne ensuite les petits jobs pour tenter de gagner de quoi survivre. C'est la débrouille pour se nourrir, pour se loger, pour se saouler... Nino cultive des amitiés fortes, se laisse embarquer dans des plans foireux, est amoureux. C'est le portrait d'une jeunesse pour qui l'avenir semble noir, flou, sans perspective...

La nuit, Nino sort, vit, rencontre des personnes étonnantes aux destins hallucinants. Une de ces rencontres va l'entraîner dans un milieu dont il ne connaît rien, où il semble ne pas maîtriser les codes mais qui va pourtant faire basculer sa vie.

Simon Johannin nous avait déjà bluffé avec L'été des charognes paru en 2017. Avec ce nouvel opus, écrit à quatre mains avec son épouse Capucine, il réitère une prouesse littéraire et dresse aussi un vrai portrait de société. Ils nous parlent du monde du travail dans lequel tout le monde devrait entrer mais qui est loin de laisser de la place pour tout le monde, et particulièrement les jeunes qui ne sont pas tout lisses. Ils nous parlent aussi des grandes inégalités de notre société, une société où d'un côté, on peut gagner un salaire de misère en bossant comme un dingue pour un ignoble patron, et où d'un autre côté, on peut gagner des milliers d'euros pour quelques photos de mode. 

Capucune et Simon Johannin sont des auteurs atypiques, à suivre, à découvrir. Leur roman ne laisse pas indifférent, il bouscule par la noirceur et l’âpreté qu'il porte, il interpelle par sa violence mélée de poésie et au final il nous touche terriblement.

Catherine M

Paru en janvier 2019.

Pour les curieux, une petite vidéo complémentaire à découvrir ICI

Rendez-vous avec les auteurs à l'Intime festival le samedi 24 août de 13h00 à 14h15

 

J'ai couru vers le Nil, Alaa El Aswany, Actes Sud

jaicouruverslenilsVoici le formidable récit d'une révolution ! Un roman interdit de publication en Égypte, qu'un éditeur libanais a édité en arabe et que les éditions Actes Sud ont traduit en français. Tout un périple donc pour que nous puissions tenir en main ce roman qui raconte la chute de Moubarak en Égypte. Alaa El Aswany a vraiment du talent pour nous faire vibrer aux côtés de ces personnes : grâce à ce livre, nous sommes littéralement transportés sur la place Tahrir.

Les personnages sont attachants, et décrits avec finesse. On sent leurs contradictions et les tiraillements qui les habitent. Par leurs yeux, on découvre différentes facettes de la société égyptienne. Ce roman d'un lecture vraiment fluide est un vrai voyage au cœur d'une révolte. A lire sans hésiter.

Catherine M

Paru en octobre 2018. Existe aussi en format numérique

 

 

Alpes secrètes, entre trek et alpinisme, Paul Grobel & Gérard Guerrier, Glénat

alpessecretes glenatPour les amoureux de la montagne, voici un magnifique livre sur les Alpes avec des propositions de randonnées mêlant balades en moyenne montagne et passages sur glacier, avec une alternance de belles photos et de conseils pratiques. Pour les amateurs qui voudraient se balader sur les neiges éternelles avant leur disparition.

Catherine

 
<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivant > Fin >>

Page 2 sur 21