Librairie Papyrus

"A travers les feuilles d'un bon livre, on pourra entendre un écho qui ressemble au bruit des forêts." Henry David Thoreau

   

Arne Naess, Pour une écologie joyeuse, Mathilde Ramadier, Actes Sud, collection Domaine du possible

arnenaess ramadierComment être un écologiste convaincu et ne pas sombrer dans le pessimise le plus noir face à la destruction de la planète et de nous-même in fine ? Ce livre, au travers de l’étude des ouvrages de Naess, apporte quelques éléments de réflexion et d’action dans notre vie quotidienne, mais toujours basés sur la nécessité de découvrir son rapport unique et profond à la nature et à soi. En découvrant cette harmonie mais aussi en jouissant de la vie, chacun peut tracer son propre chemin. Une belle (re)découverte (surtout pour les amateurs de montagne).

Grégory

Paru en octobre 2017. Aussi disponible en version numérique.

 

Grandeur et Décadence, Liv Stromquist, Rackham

altToujours sur le thème des inégalités (ses deux premières BD publiées en français chez le même éditeur étaient résolument féministes), Liv Stromquist s'attaque cette fois à l'économie. Le capitalisme sans limite et l'hyper-richesse sont mis en question dans ses dessins pleins d'humour et très expressifs. Cet ouvrage permet également d'interroger notre façon de lutter contre les systèmes d'oppression, et de passer par la même occasion un excellent moment de lecture!

Hélène

Paru en octobre 2017

 

De l'ardeur, Justine Augier, Actes Sud

de lardeurRazan Zaitouneh est une avocate syrienne militante des droits de l'homme. Elle a disparu depuis décembre 2013, enlevée avec trois autres militants. Justine Augier, qui vit à Beyrouth, fascinée par la figure de Razan, s'est lancée dans l'écriture d'une sorte de biographie basée sur des archives et de nombreux témoignages de ses proches. Et cela a donné naissance à ce magnifique récit, De l'ardeur, qui nous plonge dans la Syrie contemporaine.

Au delà de la portée politique et historique de cet ouvrage, c'est aussi un portrait de femme étonnant qui nous est livré. Razan Zaitouneh est (était?) une femme engagée, militante, dotée d'un caractère fort. Elle va s'intéresser tout particulièrement aux conditions de détention carcérale et se fera beaucoup d'ennemis en dénonçant les mauvais traitements subi par les prisonniers, les problèmes de procédure, d'injustice dans le système judiciaire syrien. Elle sera d'ailleurs suspendue du barreau à la demande d'un juge qu'elle avait mis sous pression dans un dossier.

Justine Augier s'est plongée dans la vie de Razan pendant deux ans, visionnant des archives, interrogeant ses proches, lisant des articles. Elle nous raconte aussi ce travail et le pourquoi de sa démarche. Elle parvient, au fil du récit, à nous entraîner dans son entreprise. On s'attache à ces deux femmes (Razan Zaitouneh et Justine Augier) qui vivent au coeur d'une région du monde secouée de toutes parts depuis de trop nombreuses décennies. Et on espère nous aussi, lecteurs, que Razan est toujours en vie.

Catherine M

Paru en août 2017, existe aussi en format numérique

 

Planète végane, Ophélie Véron, Marabout

altOphélie Véron, chercheuse en sciences sociales et auteure du blog Antigone XXI, nous propose ici un ouvrage ultra-complet sur le véganisme et toutes les facettes de ce mode de vie. Les aspects philosophiques, politiques et historiques sont abordés en première partie de l'ouvrage, tandis que la seconde partie est consacrée aux aspects plus pratiques: l'alimentation, la consommation (habillement et autres), les loisirs... Véron répond avec beaucoup de sagesse aux "pourquoi?" et aux "comment?" du véganisme, ce qui donne un excellent guide pour les "débutants", mais aussi pour les simples curieux et curieuses.

Hélène

Paru en mai 2017. Aussi disponible au format numérique.

 

Il faut tuer TINA, Olivier Bonfond, Le Cerisier

tina-couv-mini"Partout dans le monde, des hommes et des femmes refusent la logique capitaliste et combattent les injustices. Certains de ces combats mènent à des victoires… Non seulement les alternatives existent, mais elles sont innombrables. Beaucoup sont simples, cohérentes, et pourraient être mises en œuvre dès aujourd’hui avec un peu de volonté politique."

Olivier Bonfond fait partie de ces gens que l'état du monde, (de la société, de la planète), ne décourage pas. Parce que, écrit-il, les solutions existent : il en énumère deux cents, certaines d'entre elles étant déjà mises en œuvre un peu partout. Pourquoi tuer TINA, « There is no alternative », l'expression fameuse de Margaret Thatcher ? Parce que cette affirmation est parfaitement mensongère, même si la propagande de nombreux « experts » prétend le contraire.

Il existe au moins trois bonnes raisons de lire ce livre : D'abord, on peut l'ouvrir à n'importe quelle page, (faites l'expérience!), on y trouve au moins une bonne idée et deux précieuses informations ; ou l'inverse. Ensuite, il (ré)concilie les amoureux du film « Demain » et les partisans du « Grand Soir », (un exercice un peu acrobatique) : le lien entre les deux démarches étant la mobilisation citoyenne. Enfin, et bien que l'auteur s'en défende, ses deux cents propositions pourraient être le programme d'un gouvernement d'unité populaire : un Podemos à la française ou à la belge, l'alternative plutôt que l'alternance. (1)

Mais Il faut tuer TINA n'est pas un énième livre d'imprécations : il ne s'attaque pas à des personnes (à l'exception de Barroso. On admettra qu'il y a de quoi…), mais à des structures, à des mécanismes d'exploitation ou d'oppression. En outre, il alterne – et c'est presque une méthode – les dénonciations (de situations inacceptables) et les motifs de se réjouir (de petites ou de grandes victoires). Quelques exemples : La multinationale Monsanto obtient l'interdiction légale, pour les paysans, d'utiliser, selon une pratique millénaire, leurs propres semences. En revanche, la Bolivie expulse du pays, après leurs multiples abus, les géants Coca-Cola et MacDo. Ou bien : la bataille de l'eau. L'accès à l'eau pour tous est de plus en plus compromis par les privatisations du secteur. Pourtant, en 2011, suite à une mobilisation citoyenne exceptionnelle et à un vrai débat démocratique, l'Italie, par referendum, vote à 95 % contre la marchandisation de l'eau. Ou encore : partout, la publicité envahit l'espace public, les médias – ces armes de distraction massive, comme dit joliment l'auteur – vendent à leurs annonceurs du temps de cerveau disponible. On estime à 500 milliards de dollars l'ensemble du budget de la publicité dans le monde ! Mais la Ville de Grenoble décide, en 2014, de bannir la publicité de ses rues, en décidant de ne pas renouveler le contrat qui la liait au groupe Decaux, qui y avait placé plus de 300 panneaux.

Certaines informations susciteront l'indignation, comme cet argument cynique du lobby du tabac qui souligne , auprès des pouvoirs publics, l'impact positif sur les finances publics de la mortalité due au tabac. (Un mort ne perçoit plus de pension!) D'autres passages provoqueront l'hilarité. En novembre 2009, la Banque mondiale décide de financer un projet au Pérou pour retarder la fonte des glaces : il s'agit de repeindre en blanc les parties brunes du glacier andin, qui absorbent plus de chaleur. Capitalisme vert … ou blanc , sauvons le climat à coups de pinceau !

Un mot, encore, sur le chapitre consacré au problème de la dette. On se rappellera qu'Olivier Bonfond s'était déjà fait connaître, en 2012 , par un livre qui examinait la légitimité de la dette publique (2). Il a également participé, à Athènes, au travail de la Commission pour la Vérité sur la dette grecque, (travail hélas enterré par Alexis Tsipras). C'est donc en connaissance de cause qu'il étudie ici les dettes publiques du Mexique comme de la Russie, de l'Argentine comme de l’Équateur, ou de ... l'Allemagne, avec les solutions différentes, souvent surprenantes, qui y ont été apportées.

Refuser de payer la dette, souligne-t-il, c'est obliger les créanciers à « sortir du bois ». Les identifier permet de les traiter différemment : un petit épargnant, une banque, une multinationale de l'assurance, ce n'est pas pareil.

Il faudrait encore mentionner les chapitres consacrés aux médias, au féminisme, aux institutions internationales, à l'agroécologie, mais puisqu'il est impossible de résumer en quelques lignes un livre aussi dense, concluons par deux réflexions.

Ce livre ne se fixe pas naïvement comme objectif d'établir le paradis sur terre. Mais, en même temps, il propose d'éviter de se limiter à des changements à la marge, qui laisseraient le système intact. Il ne s'agit pas d'être des activistes marginaux qui, de temps en temps, « font le buzz », mais de transformer un bloc social en force politique.

D'autre part, nous ne sommes pas dans un catalogue de lamentations. Au contraire, l'auteur parvient à nous convaincre que s'engager pour changer le monde ne rend ni triste, ni malheureux. La lutte est, au contraire, un facteur de joie et d'émancipation personnelles.

C'est sans doute la raison pour laquelle le site qu'Olivier Bonfond anime s'appelle « Bonnes nouvelles ».

Michel Brouyaux, ancien libraire, toujours passionné.

(1) On peut aussi, bien entendu, utiliser le livre en allant directement au sujet qui nous motive le plus : rôle de la finance ? Démocratie ? Féminisme ? Migrations ? (se reporter à la table des matières)

(2) Et si on arrêtait de payer ? Olivier Bonfond. Editions Aden, 2012.

 
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